La Loi de l’Attraction

La loi de l'attraction est une loi impersonnelle et universelle qui s'applique de la même manière que la loi de gravité, sans aucun jugement de valeur ni distinction entre le bien ou le mal.
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | .
 

 Le libéralisme : une idéologie adopté et inconsciente qui régit notre façon de penser.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Esprit
Admin
avatar

Messages : 5271
Date d'inscription : 08/02/2013
Age : 54
Localisation : Bordeaux - France

Message Sujet: Le libéralisme : une idéologie adopté et inconsciente qui régit notre façon de penser.   Mer 6 Aoû 2014 - 13:43


Le libéralisme
une idéologie adopté et inconsciente qui régit notre façon de penser




Quentin Metsys (1466-1530) Le prêteur et sa femme

Si nous comprenons bien ce que la propagande officielle est chargé de nous faire croire ; c’est que l’Humanité, grâce à sa technologie et son esprit d’invention sans fin, accroît les possibilités d’économiser la peine des Hommes et de modifier le cours des choses. Un système social qui exige de tels contes de fées pour légitimer ses modes de fonctionnement réels est, dans son principe même injuste et inefficace..

La configuration de la crise actuelle est maintenant assez bien connue.

D’un côté le rendement moyen du capital, en Europe et aux Etats-Unis, commence à décliner et la croissance à ralentir. De l’autre, la radicalisation des luttes (principalement ouvrières), ainsi que la crainte qu’elles débordent l’encadrement syndical traditionnel (voir les indignés), conduisent les élites dirigeantes à recentrer leur attention sur le vieux problème de la gouvernabilité des sociétés occidentales. Si nous ajoutons à ces deux éléments le déclin, de plus en plus visible, de la légitimité historique des états totalitaires léninistes, états interventionnistes s’il en est, nous tenons, les principales conditions idéologiques qui, tout au long de cette terrible décennie, vont rendre les classes dirigeantes progressivement réceptives au discours du libéralisme radicalisé ; autrement dit, à l’idée selon laquelle seule l’élimination méthodologique de tous les obstacles politiques et culturels à l’avènement du marché mondial autorégulé pourrait rendre ce vaste monde à nouveau gouvernable et prospère.

La genèse du projet capitaliste est rigoureusement incompréhensible si on ne la réfère pas à la question centrale qui ne cesse de définir la modernité européenne depuis les dramatiques guerres civiles du XVIe siècle : sur quelle bases est il possible de reconstruire une société pacifiée, et donc à nouveau gouvernable, dès lors qu’il est universellement admis (en europe de l’Ouest) qu’aucune révélation religieuse n’est plus en mesure d’ordonner un monde commun ? La réponse qui va finalement l’emporter, et qui bien sûr, n’étaient pas la seule possible (exemple Pascal), c’est que la Raison, ou « lumière naturelle », constitue la condition nécessaire (c’est le postulat qu’on peut admettre sans difficulté) et suffisante ( il s’agit là d’un tout autre problème) pour conduire à son terme cette réorganisation totale de l’ordre humain. Descartes est en effet convaincu que chaque homme dispose d’un matériel commun à tous, la raison, qu’il peut exploiter et ce quelque soit son origine, sa situation sociale, sa culture. Il s’agit plus d’une question de volonté, tout en sachant que l’entendement a ses limites. De même Diderot et d’Alembert ont la conviction que la raison, si elle est nourrie, mettra fin à la superstition et donc libèrera l’homme de ses chaînes. Les deux auteurs vont jusqu’à énoncer, dans un article intitulé « Autorité politique » (voir l’annexe1), des principes quant à la nature des liens qui selon eux doivent unir le souverain et ses sujets.

A cela s’ajoute l’idée selon laquelle la Raison est représenté par la rationalité scientifique, dont la physique expérimentale naissante de Galilée à Newton, offrait un modèle privilégié pour appliquer non seulement le principe du progrès technique et industriel, mais aussi, par voie de conséquence, de celui du genre humain lui-même. A partir de ces trois postulats va être définie le socle intellectuel des lumières que l’on peut déployer sans difficulté les principes de la réponse moderniste au problème de la modernité. Pour construire le meilleur des mondes, ce second paradis terrestre à jamais libéré du préjugé, de la superstition et des passions correspondantes, il suffira, en somme, d’organiser scientifiquement l’humanité (ce serra la formule de Renan) ou à tout le moins, d’en proposer un modèle de fonctionnement intégralement compatible avec les exigences de la raison.

C’est pourquoi dès la fin du XVIIe siècle, la plupart des partisans du « progrès » s’activent inlassablement pour découvrir les principes fondamentaux d’une « science de la nature humaine », autrement dit d’une « physique sociale », censée pouvoir formuler l’ensemble des lois de la mécanique humaine sur le modèle indiscutable du système de la nature établi par Newton. Les conséquences de cette hypothèse ( que les philosophes appellent généralement l’ »utilitarisme ») sont absolument décisives pour comprendre le monde qui est le notre.

D’une part, elle permet d’expliquer de façon plausible l’échec des systèmes politiques antérieurs : ceux-ci, en effet, exigeaient (pour pouvoir fonctionner de façon optimale) que les Hommes se comportent comme les saints de l’Evangile ou les héros de l’Antiquité. Or, ce type d’exigence, répondent maintenant les « modernistes », est impossible à satisfaire si l’on accepte enfin de considérer les Hommes  tels qu’ils sont. D’autre part, cette conception met un point final au mépris dont les activités marchandes étaient traditionnellement l’objet.

En effet si nous admettons que tout Homme est déterminé par sa nature à ne rechercher que ce qui lui est utile, alors l’échange économique devient l’exemple le plus net d’une relation humaine rationnelle, puisque chaque participant, au terme d’une négociation supposée pacifique, finit toujours par y trouver son compte. Une fois fait table rase de son absurde passé (le libéralisme est toujours fondé sur une mystique de l’an 01), la société ne pourra que devenir progressivement pacifique, prospère et heureuse. Les moines-soldats du libéralisme moderne (les Minc, les Attali, et autre Sorman) n’ont jamais ajouté aucune idée véritablement nouvelle à ce très vieil évangile.

Le seul problème étant que cet individu là présupposé par la théorie libérale, n’est rien d’autre qu’un mythe philosophique, une simple « robinsonnade » comme l’écrivait Marx. L’inconscient par exemple, sans même prendre en compte sa structure « transgénérationnelle », nous rappelle à tout instant que d’autres que moi (et d’abord un « père » et une « mère », quel que soit leur mode de présence imaginaire et symbolique) sont le miroir perpétuellement tendu à partir duquel chacun de nous doit s’arranger comme il peut, pour bricoler les contours à la fois durables et toujours mouvants de sa propre identité. La langue maternelle, d’autre part, et par conséquent l’univers culturel qui lui est nécessairement associé, inscrivent également chaque sujet dans un héritage contraignant, que nul, pas même le grand écrivain, ne peut modifier en profondeur à sa guise.

Le libéralisme est donc devenu notre façon de penser et de voir le monde. C’est en créant cette souveraineté des individus entre eux visant à poursuivre nos propres intérêts sans entraves que l’on c’est aveuglé sur le but réel de la société. Pour le libéralisme expliqué par Adams smith “la société est l’espace à l’intérieur duquel se déploient de manière autonome les mouvements des actions individuelles, où chaque partie s’accomplit conformément à ses propres fins, la liberté sans autre intention.” À partir de là, des hommes se sont battus pour arriver à leur fin, qui étaient plus de pouvoir, sans s’occuper des répercutions sur les autres.

Comme expliqué sur la page « à propos de » de ce site : La société vue par Platon ou Aristote, par le Siècle des lumières et les philosophes occidentaux, montre que l’être humain est un Individu indépendant qui se retrouve en société pour facilité et produire ce dont on a besoin, et pour se protéger des menaces extérieures ; du coup le mot société ici même évoque une série d’images qui relèvent du monde matériel-utilitaire. La société serait donc la source de ce qu’on a et non de ce que l’on est.  « Ayant transformé nos relations en un processus d’isolement, il est évident que de telles relations construisent une société qui, elle aussi, s’isole » disait en son temps Jiddu Krisnamurti. Le problème viens donc des individus et de la vision qu’ils ont de la société. La majorité des individus se voient donc indépendants des autres, où leur seul but est leur propre évolution étant prêt pour évoluer à tenir moins compte des autres, surtout si ils peuvent limiter notre évolution personnelle. (Qu’elle soit ou non en accord avec l’évolution et l’intérêt collectif.) Le changement que l’on doit faire doit donc revenir à cette vision de la société. Il ne s’agira plus  de penser le social à partir de l’individuel, mais au contraire de comprendre comment les individus se constituent dans et par la vie en société.  Il s’agit de comprendre comment le rapport aux autres précède le rapport aux choses.  Il s’agit de comprendre comment, dans les interactions humaines, il est question d’être et pas seulement d’avoir.

Par : Le Veilleur sur des textes de : J.C. Michéa

Annexe 1 :  Extrait de l’Encyclopédie – Diderot et D’Alembert – Article sur l’autorité politique

Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle : mais la puissance paternelle a ses bornes, et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que de la nature. Qu’on examine bien, et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources : ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité. […]

La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites : car l’homme ne doit ni ne peut donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu, dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits, et ne les communique point. […]

Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux ; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’Etat. Les lois de la nature et de l’Etat sont les conditions sous lesquelles ils se sont soumis, ou sont censés s’être soumis à son gouvernement. L’une de ces conditions est que n’ayant de pouvoir et d’autorité sur eux que par leur choix et de leur consentement, il ne peut jamais employer cette autorité pour casser l’acte ou le contrat par lequel elle lui a été déférée : il agirait dès lors contre lui-même, puisque son autorité ne peut subsister que par le titre qui l’a établie. Qui annule l’un détruit l’autre. Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans el consentement de la nation, et indépendamment du choix marqué dans le contrat de soumission. […]

D’ailleurs le gouvernement, quoique héréditaire dans une famille, et mis entre les mains d’un seul, n’est pas un bien particulier, mais un bien public, qui par conséquent ne peut jamais être enlevé au peuple, à qui seul il appartient essentiellement et en pleine propriété. Aussi est-ce toujours lui qui en fait le bail : il intervient toujours dans le contrat qui en adjuge l’exercice. Ce n’est pas l’Etat qui appartient au prince, c’est le prince qui appartient à l’Etat ; mais il appartient au prince de gouverner dans l’Etat, parce que l’Etat l’a choisi pour cela, qu’il s’est engagé envers les peuples à l’administration des affaires, et que ceux-ci de leur côté se sont engagés à lui obéir conformément aux lois. Celui qui porte la couronne peut bien s’en décharger absolument s’il le veut ; mais il ne peut la remettre sur la tête d’un autre sans le consentement de la nation qui l’a mise sur la sienne. En un mot, la couronne, le gouvernement, et l’autorité publique, sont des biens dont le corps de la nation est propriétaire, et dont les princes sont les usufruitiers, les ministres et les dépositaires. […]

Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents Etats. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tous le contrat qu’elle a fait ; aucune puissance ne peut le changer ; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France, si par le plus grand des malheurs la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons ; alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.

Annexe  2  : Blaise Pascal – La primauté du coeur sur la raison

Pascal fût contemporain de Descartes et comme lui, ses activités dépassèrent des sommets d’intelligence. La comparaison cependant s’arrête là. Contrairement à Descartes, Pascal se caractérise en tant que penseur isolé. Ses idées ne seront pas reprises par d’autres dans un courant de pensée, comparé au cartésianisme. Pascal occupe d’ailleurs une place particulière dans l’histoire de la philosophie.

Il se distingue notamment dans la méthode qu’il emploie, se refusant à appliquer des principes généraux communément admis et considérés en conséquence comme des vérités élémentaires. Pascal à contrario affronte chaque problème qui se présente en laissant de côté tout présupposé scientifique, en ne partant de rien pour ensuite bâtir une loi comme cadre de résolution de chaque difficulté vaincue.

Il revisite ainsi quelques chemins de la connaissance et en route il découvre des concepts qui complètent la démarche de ses prédécesseurs. L’exemple le plus illustre concerne la révision de tout ce qui participe chez l’homme à sa perception de la réalité. Sur ce sujet, il distingue trois ordres. Le premier est celui du corps, appréciable à l’œil nu car caractérisable selon des échelles de grandeur, quantifiable en tant que matière. Le second ordre est par contre immatériel, s’agissant de l’esprit. L’entendement, à la différence du monde physique, n’est abordable qu’avec les yeux de l’âme. Jusqu’ici rien de particulier dans cette distinction entre le corps et l’esprit, dont bon nombre de philosophes s’en sont faits les défenseurs par le passé. L’apport essentiel de Pascal est plutôt à chercher dans la définition d’un nouvel ordre, le troisième qui est celui du cœur et qui l’emporte sur les deux premiers.

En effet, la réalité est différente selon que l’on se place sous la tutelle du corps ou de l’esprit car les moyens employés, la vision ou la raison, ne sont pas de même nature. Le cœur quant à lui permet d’aller au-delà de cette dichotomie en se positionnant comme grandeur suprême. Le cœur se dédie à la charité, à la compassion, et sa primauté est légitime s’il est converti tout entier au Christ. Pascal, que l’on présente aisément comme un homme de sciences aux talents exceptionnels, fût également un chrétien devenu fidèle par l’entremise d’une révélation à la teneur divine, une nuit de novembre 1654. L’expérience fût mystique et dès lors la foi chrétienne ne le quittera plus, l’accompagnant jusqu’à son retrait du monde dans la dernière partie de sa vie. Cette conscience religieuse sera le terreau de son œuvre majeure, les Pensées. Pascal s’attèle à convaincre les libertins et les athées sur la nécessité de croire en Dieu afin qu’ils puissent entrevoir le salut. Mais au lieu de tenir un discours moralisateur ou prosélyte, il use une fois encore de la contradiction. Les stoïciens par exemple, qui défendent la dignité humaine, ont tout autant raison que les septiques qui refusent d’accorder à l’homme une quelconque magnificence. Chacun est dépositaire d’une conception de la réalité tout à fait acceptable dans l’esprit ou sous l’angle de vue qu’il emprunte. Même si les idées s’opposent, elles contribuent chacune à la conquête de la condition humaine. L’opposition n’empêche pas la complétude. Pascal se joue également de son lecteur, en essayant de le dérouter en ponctuant son argumentaire d’incessants face à face où se confrontent le pour et le contre.

L’objectif du philosophe est ainsi d’épuiser le scepticisme et de présenter la foi comme seule capable de triompher des impasses rationnelles. Au-delà du fait que la pensée pascalienne soit toute dévouée à Dieu, l’apport philosophique des Pensées est indéniable. Pascal démontre que les divergences de vue, loin de se neutraliser dans un cops antinomique, peuvent au contraire se concilier dans une démarche plus complexe pour l’exploration d’un champ de connaissances jusqu’à alors inconnu. (source)

Source : philosophie.initiation.cours

_________________

" Quand je partage, je m'enrichis "
La loi de l'attraction
Esprit
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://stibine.wordpress.com/ En ligne
 

Le libéralisme : une idéologie adopté et inconsciente qui régit notre façon de penser.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Le libéralisme économique et le marché en général entraînent-ils nécessairement l'effritement des structures traditionnelles ?
» Le libéralisme est un péché (complet)
» Le Libéralisme est un péché - Don Félix Sarda y Salvany
» Le libéralisme ou la liberté de faire n'importe quoi !
» Livres :Le Monde diplomatique passé au crible

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Loi de l’Attraction :: Divers :: Parlons de tout...-