La Loi de l’Attraction

La loi de l'attraction est une loi impersonnelle et universelle qui s'applique de la même manière que la loi de gravité, sans aucun jugement de valeur ni distinction entre le bien ou le mal.
 
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 Quels risques pour l'humanité?

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Esprit
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Message Sujet: Quels risques pour l'humanité?   Lun 28 Juil - 1:55

Quels risques pour l'humanité?



Interview

Professeur Luc Montagnier :

Je suis président de la Fondation mondiale recherche et prévention Sida, dont le but est de créer des centres de recherche et de prévention dans les pays les plus atteints par le sida, en association avec l’UNESCO, de façon à permettre un transfert de technologie des pays du nord vers le sud. Mais j’ai aussi des activités de recherches privées aux Etats-Unis et en Europe, à la fois sur le sida, mais aussi sur les maladies chroniques.

La surpopulation

Science de la Conscience : Dans “Les combats de la vie”, votre dernier livre, vous dites que deux risques majeurs pour l’humanité sont les maladies chroniques dues au vieillissement précoce et les épidémies. Pouvez-vous préciser ?

Prof. Montagnier : Les épidémies et les maladies chroniques sont essentiellement liées aux changements qu’a connus notre civilisation. Certains disent que l’espèce humaine est une espèce nuisible, et tant mieux si elle disparaît : je ne suis pas du tout d’accord, mais il est vrai qu’elle a connu un tel développement démographique et technologique, qu’elle met en danger son environnement. Nous sommes devenus trop nombreux (grâce aux progrès de l’hygiène, de la médecine et de toutes les découvertes technologiques dont nous bénéficions pour notre mieux-être).

Nous devons modérer notre reproduction. Les pays développés le font : il y a stabilisation et même décroissement des populations…, sauf en France et aux Etats-Unis, mais les pays du sud ou les pays d’Asie ne régulent pas leur démographie, alors que c’est une nécessité vitale pour leur économie : un pays qui a plus de 4% d’accroissement démographique par an ne peut pas s’en sortir, il faut le dire ! La Chine l’a compris, avec sa campagne d’un enfant par foyer, mais pas l’Inde, ni l’Afrique…  En tout cas, à mon avis, l’urgence n°1 est le contrôle de la démographie et si, effectivement, nous arrivons à ce contrôle, l’avenir ira plutôt bien. Nous avons des privilèges énormes par rapport à nos ancêtres, ne serait-ce que du point de vue du confort – nous vivons comme des dieux ! – mais cette situation est fragile, et nous devons être raisonnables si nous voulons la préserver.

La crise démographique est une des causes principales des guerres, du terrorisme, de la dégradation de l’environnement, mais aussi de la virulence des agents infectieux et des nouvelles épidémies : les concentrations de population dans les mégalopoles sont un danger permanent, un véritable bouillon de culture ! Et comme les voyages et les échanges sont faciles et rapides, un germe fait le tour de la Terre en quelques heures…

SC : Qu’est-ce qui fait que la France ne favorise pas la recherche et l’innovation ?

Prof. Montagnier : Ceci est contraire à l’histoire si l’on regarde notre passé scientifique : au 19e siècle, les savants français ont apporté énormément au monde de la science (Pasteur, les Curie…), toute une école pastorienne s’est créée en médecine… Après la deuxième guerre mondiale, il a fallu reconstituer des équipes scientifiques et les envoyer se former à l’étranger, qui avait beaucoup plus avancé que la France occupée. Ces jeunes de l’après-guerre, dont je fais partie, ont suivi les progrès qui avaient été faits en Angleterre et aux Etats-Unis plutôt que de secouer le cocotier scientifique français…

Autre aspect : la science est devenue une activité collective, on n’en est plus au savant dans sa tour d’ivoire, et on se soucie des carrières. La carrière scientifique implique qu’un jeune fasse une thèse sur un sujet connu (et non sur un sujet novateur), pour être publié et surtout pour avoir un poste et ensuite des financements. Les Etats-Unis ont davantage l’esprit d’entreprise, et c’est la raison pour laquelle les scientifiques de la terre entière vont aux Etats-Unis, non plus seulement les Français et les Allemands de l’après-guerre, mais les Indiens, les Chinois, les Japonais… ce qui crée émulation et innovation.

Pour moi, la France a raté sa chance quand l’URSS s’est décomposée : beaucoup de jeunes savants russes sont allés aux Etats-Unis, alors qu’ils auraient pu faire carrière ici si on les avait accueillis. Mais les ministres de l’époque n’ont pas eu cette étincelle de compréhension et, de toute façon, les syndicats auraient réagi violemment : “Comment, on fait venir des étrangers à prix d’or ? Et nous ?…”. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de bonnes équipes en France, mais au niveau international, nous perdons des parts de marché, scientifiques et économiques. Les politiques ne comprennent pas que pour sauver l’économie française, il faut regarder vers l’international. Ils en parlent, mais ne font rien…

Epidémies

SC : Une épidémie peut-elle faire disparaître l’humanité ?

C’est très peu probable, car notre grande diversité génétique empêcherait une bactérie ou un virus de tuer 100% des individus. Le cas a pu exister pour certaines ethnies par le passé, on l’a vu par exemple pour les Indiens d’Amérique, décimés parce qu’ils étaient extrêmement sensibles aux germes apportés par les conquistadors, à cause de leur faible diversité génétique. Les Indiens d’Amérique sont venus d’Asie par le détroit de Behring et se sont reproduits entre eux, donc l’endogamie est très mauvaise.
Comme nous assistons actuellement à un grand mixage interracial, donc un grand brassage génétique, certains individus pourront toujours échapper aux épidémies, comme c’est le cas aujourd’hui pour le sida : cette épidémie n’a pas tué tout le monde.
Bio-terrorisme

SC : Ce même brassage génétique nous prémunit-il contre le bioterrorisme ?

L’homme est aujourd’hui capable de manipuler et de mélanger les gènes de virus, de faire des constructions moléculaires. Tout ce qu’on peut imaginer, l’homme peut le faire maintenant… Il peut donc créer des germes extrêmement dangereux. Je ne veux pas trop donner d’idées, mais c’est un réel danger. Ceci dit, des épidémies de germes restent difficiles à contrôler du fait de ce brassage mondial, et l’épidémie peut aussi toucher celui qui la déclenche, mais on n’est pas à l’abri de fous suicidaires voulant entraîner dans la mort le reste de l’humanité…

Oui, une épidémie peut avoir un impact. Prenons l’exemple de la grippe aviaire, H5N1 : elle pourrait tuer en masse comme la grippe espagnole, qui a détruit 50 millions de gens entre 1918 et 1919. Cela suffit pour désorganiser une économie. On l’a vu pour le syndrome respiratoire sévère aigu, le SRAS, première maladie grave et transmissible à émerger en ce 21e siècle, et qui a provoqué de sérieux remous dans le monde économique ! Un virus respiratoire est très dangereux parce que très contagieux ; les concentrations humaines et la rapidité des transports font que ce type d’épidémie peut causer beaucoup de dégâts. Mais de là à détruire toute l’humanité, je ne crois pas.

Le chaos des guerres

SC : Selon vous, quels autres dangers importants encourt l’humanité actuelle ?

Je pense au chaos des guerres. Nous ne sommes plus dans un monde bipolaire, avec deux grands blocs de pays comme au temps de la guerre froide, mais dans un monde multipolaire. Les pays émergents sont nos concurrents, des compétiteurs aussi pour nous et entre eux, donc les risques de guerres se multiplient. Pensez à la bataille pour le pétrole. Tous les pays qui ont des réserves pétrolières ou des mines connaissent des guerres civiles, ou sont à risque de guerres civiles. Ce sont plutôt des guérillas, la guerre a changé de forme et ce ne sont plus deux armées qui s’affrontent, mais le risque de chaos, de désorganisation, est grand. Je l’avais écris dans un autre livre multi-auteurs édité par l’UNESCO, où l’on nous demandait ce qui se passerait en 2050 et quel message donner aux nouvelles générations. J’avais parlé de ce risque de chaos et du besoin de conscience. Ce qui manque à l’humanité, c’est une conscience globale. L’expérience des systèmes biologiques montre qu’une association d’unités complémentaires ne se fait que s’il y a danger commun. Quel est notre danger commun ? On le sait (le réchauffement climatique, l’épuisement des énergies fossiles, les risques d’épidémies…), mais est-ce que suffisamment de gens - notamment d’hommes politiques - vont en prendre conscience pour que quelque chose se dégage au niveau global ? Rien n’est moins sûr. On parle beaucoup de très belles organisations collectives, mais peu de choses sont faites, et de toute façon, c’est très difficile : l’homme suit toujours sa pente naturelle, qui est l’expansion et non pas la restriction. On peut imaginer que, dans le futur, les hommes envahissent d’autres planètes, que l’impérialisme humain continue à s’étendre à l’extérieur. C’est peut-être la solution…

SC : Croyez-vous possible le développement d’une nouvelle espèce dominante ?

Non. Par définition, si l’homme est là, c’est qu’il a tué toutes les espèces dominantes qui pouvaient le menacer, donc on ne risque rien de ce côté-là. Tant que l’homme sera là, il n’y aura pas d’autres espèces dominantes. Nous avons éliminé tous nos cousins et voisins - l’homme de Néanderthal compris, probablement -, nous sommes une espèce unique, nous n’avons même pas de cousins proches, et nous sommes le produit d’une évolution très longue. Mais une question que je me pose est : pourquoi l’homme n’est-il pas arrivé juste après les dinosaures, par exemple ? Au niveau de la complexité physiologique, on pourrait imaginer que d’autres êtres aient eux aussi un développement du cerveau et notre niveau d’intelligence, après tout. Pourquoi pas ? Pourquoi l’homme est-il venu si tard sur cette planète ? Voilà la question, et pour l’instant, je n’ai pas de réponse.

Machines intelligentes

SC : Que dire des machines qui deviendraient non seulement intelligentes, mais autonomes ; de robots qui, finalement, arriveraient à se suffire à eux-mêmes ?

Prof. Montagnier : Pour l’instant, les machines sont créées par l’homme et le critère est l’autoreproduction. Ces machines ne peuvent pas se fabriquer elles-mêmes, même si on peut imaginer qu’elles le puissent un jour…

Certains chercheurs tentent aussi de télécharger la pensée dans les machines. Mais pour l’instant, notre pensée dépend de notre corps, et nous ne sommes pas immortels, donc si le corps disparaît, il n’y a plus rien. En tout cas, toute l’expérience acquise dans le cerveau disparaît.

D’autres ont l’idée de faire une représentation physique de l’homme, en le reproduisant atome par atome, point par point, après analyse par un système de rayons extrêmement fins, faisant appel aux principes physiques des particules. On ne sait jamais ce qu’on peut arriver à fabriquer, la physique ne nous a pas donné toutes les clés, et la biologie non plus. Les biologistes raisonnent avec des notions de physique très élémentaires, ils ont totalement oublié l’aspect vibratoire de la matière. La biologie a donc un grand futur, à condition qu’elle intègre certaines notions de physique, et ce n’est pas encore le cas. On admet qu’on téléphone à distance, on reçoit des images du monde entier, mais on pense que nos cellules, nos molécules ne le font pas, n’émettent rien… Etonnant, non ?

SC : L’avenir est à la biologie quantique, alors ?

Prof. Montagnier : Et à la biologie numérique. Mais pour conclure sur la fin de l’espèce humaine, je dirais que biologiquement, cette fin est très improbable, ce qui n’empêche pas qu’on puisse s’autodétruire, nous avons suffisamment de bombes atomiques pour disparaître totalement. Mais pour moi, notre danger n° 1, c’est la bombe D (comme démographie), pas la bombe H… ou alors H pour humain !

SC : Merci beaucoup d’avoir bien voulu nous recevoir ici à l’UNESCO.
Prof. Montagnier : Merci à vous d’avoir pensé à moi pour votre dossier. (source)

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