La Loi de l’Attraction

La loi de l'attraction est une loi impersonnelle et universelle qui s'applique de la même manière que la loi de gravité, sans aucun jugement de valeur ni distinction entre le bien ou le mal.
 
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 Les Esséniens (religion)

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Message Sujet: Les Esséniens (religion)   Jeu 7 Avr - 20:36


Les Esséniens




Fragment du papyrus de la mer Morte, également appelés manuscrits de Qumrân


Les esséniens sont un mouvement du judaïsme de la période du Second Temple qui a prospéré à partir du IIe siècle av. J.-C. et dont l'existence est attestée au ier siècle en Palestine et dans la province romaine de Syrie.

Le philosophe et chroniqueur judéo-alexandrin Philon et l'historien judéo-romain Josèphe rapportent qu'il existait des esséniens en grand nombre, et que plusieurs milliers vivaient dans la Judée romaine. Pour Flavius Josèphe, les esséniens sont la « troisième secte » de la société juive de Palestine, avec les pharisiens et les sadducéens. Il décrit les esséniens comme des communautés d'ascètes, volontairement pauvres, pratiquant l'immersion quotidienne et l'abstinence des plaisirs du monde.

Les esséniens ont acquis une renommée dans les temps modernes à la suite de la découverte, à partir de 1947, d'un vaste groupe de documents religieux connus sous le nom de « manuscrits de la mer Morte », dont une centaine – « sur 870 » – pourraient être esséniens, ou d'un mouvement proche se donnant, dans une trentaine de manuscrits, le nom de « Yahad » (« Unité », « Alliance ») . Toutefois, cette identification ne fait pas consensus.

La localisation des esséniens par les auteurs antiques

Selon Flavius Josèphe, les esséniens étaient installés « non pas dans une seule ville », mais « en grand nombre dans toutes les villes ». Philon d'Alexandrie parle de « plus de quatre mille » essaioi vivant en « Palestine et en Syrie », et aussi, « dans de nombreuses villes de Judée et dans de nombreux villages et groupés en grandes sociétés comprenant de nombreux membres ». Les esséniens formaient à l'intérieur des villes juives de Palestine des communautés soudées et fermées. Ceux dont parle Pline l'Ancien se trouvent « sur la côte ouest de la Mer Morte, bien loin du rivage de la ville d'Engaddi ».

Flavius Josèphe fait référence à une « porte des Esséniens » dans sa description du parcours « du plus ancien » des trois murs de Jérusalem, qu'il situe sur le mont Sion qui, à l'époque, désigne la colline de l'Ophel situé au sud du mont du Temple. Il y avait peut-être une communauté essénienne dans ce quartier de la ville.

Croyances

Selon François Blanchetière, qui estime que le Yahad et les esséniens sont le même groupe, « les esséniens sont d'abord et avant tout des Juifs de stricte observance partageant toutes les idées que l'on retrouve dans les Écritures, observant les mizvot, même s'ils ont rompu avec le culte sacrificiel du Temple ». Selon lui, « ils ont développé un ensemble de conceptions et de croyances longtemps demeurées secrètes, du fait que chacun des membres s'engageait par serment à ne pas les divulguer en dehors de la "secte", et qui n'ont été révélées qu'à partir du moment où l'on a pu décrypter les manuscrits cachés sur la rive occidentale de la mer Morte ». Ils ont conscience de constituer la communauté de la Nouvelle Alliance renouvelée annuellement et dirigée par un collège sacerdotal au cœur d'un monde déchiré par les deux esprits de la Lumière et des Ténèbres.

Parmi leurs principales convictions, Blanchetière retient : « l'attente des derniers jours et la venue d'un ou deux messies, la croyance dans le libre arbitre, la résurrection des morts, la rétribution finale, le déterminisme et la prédestination, le rejet de l'utilisation de l'huile parce qu'impure, la rupture avec le culte sacrificiel du Temple, ils prient tournés vers l'est ».

Selon André Paul, « Les écrits dits de Qumrân attestent eux-mêmes une authentique filière gnostique. L'existence d'un gnosticisme judaïque pré-chrétien était déjà bien admise. On la repérait surtout dans la littérature judéo-grecque ou dans les œuvres d'apocalypse. Désormais, le fait est à même d'être confirmé, précisé et éclairé grâce à certains des textes venus des grottes, annonceurs de la communauté idéale ou témoins de la veine littéraire dite sapientiale. »

Pratiques communautaires

Le plus marquant dans ces communautés était la mise en commun et la répartition des biens de la collectivité selon les besoins de chaque membre. Les esséniens méprisent les richesses : les postulants doivent abandonner leur fortune et leur héritage à la communauté. Ils ne pratiquent aucun commerce. Ils sont vêtus de blanc et, à la cinquième heure, après un bain rituel, ils consomment un repas de pain et de vin, en silence et en commun. Le shabbat était observé strictement, comme la pureté rituelle.

Il était interdit de jurer, de prêter serment, de procéder à des sacrifices d'animaux, de fabriquer des armes, de faire des affaires ou de tenir un commerce. Les membres, après un noviciat de trois ans, renonçaient aux plaisirs terrestres pour entrer dans une sorte de vie monacale. Leur alimentation était particulière en ce qu'elle ne devait pas subir de transformation, par la cuisson par exemple. Leur nourriture se composait essentiellement de pain essénien (non cuit), de racines sauvages, et de fruits. La consommation de viande était interdite. Ils vivaient selon des règles strictes, et des sanctions étaient prévues pour ceux qui les enfreignaient :

- fausse déclaration de biens : un an d'exclusion ;
- mensonge, ou scène de colère contre un autre membre de la communauté : 6 mois ;
- crachat ou rire pendant une réunion ou une séance de prière : 1 mois ;
- gesticulation pendant une réunion : 10 jours ;
- port de lainages prohibé.

Après le Ier siècle

Pour certains chercheurs, le mouvement aurait disparu vers 70. Toutefois, comme le fait remarquer Norman Golb, le texte de Pline l'ancien qui parle succinctement d'une communauté d'esséniens célibataires installés au-dessus d'Engaddi pourrait décrire une situation après la destruction du Temple (70), puisqu'en 77, dans son Histoire naturelle, Pline écrit : « Engaddi, comme Jérusalem, n'est plus qu'un monceau de cendres. » D'autres passages de la description que fait Pline de la Palestine reflètent la situation après l'an 70.

D'autre part, les esséniens sont mentionnés à plusieurs reprises par les Pères de l'Église. Selon Émile Puech, les esséniens sont aussi connus par les écrits de Dion Chrysostome (IIe siècle) et Hippolyte de Rome (IIIe siècle). Ce dernier leur attribue expressément « la croyance en la résurrection des corps, au jugement final et à la conflagration de l'univers à la fin des temps », alors que Flavius Josèphe indique qu'ils pensaient que seules les âmes étaient immortelles, dans une description qui pour André Dupont-Sommer « est tout inspirée d'Homère (Odyssée, IV, 562-568). » Il rattache aussi aux Esséniens, la secte des Zélotes — dont il précise que certains les appellent Sicaires — qui en serait une émanation tardive et avec laquelle ils refuseraient de frayer. Au IVe siècle, Épiphane de Salamine utilise à plusieurs reprises le nom « Ossaioï » pour désigner les elkasaïtes ou une partie d'entre eux. Ainsi, vers l'an 100, le mouvement elkasaïte a probablement été fondé par Elkasaï, qui était un judéo-chrétien ébionite ou nazaréen « à partir d'un groupe juif déjà existant. Celui-ci se caractérisant essentiellement par des pratiques baptistes, pourrait être celui des Osséens et aurait été établi vers la fin du Ier siècle en Syrie sous domination parthe. »

À son époque, « Épiphane de Salamine mentionne la présence de communautés elkasaïtes, sous l'appellation d'osséennes et de sampséennes, en Nabathée, en Iturée, en Moabite, en Auriélitide (sud-ouest de Damas) et en Pérée. » Il indique aussi que le Livre d'Elkasaï a été adopté par les « osséens », les « nasaréens », les nazôréens et les ébionites.

Jean le Baptiste et l'essénisme

Ainsi que l'explique Pierre Geoltrain, « bien des hypothèses avançant une influence directe de l'essénisme sur Jean-Baptiste, Jésus ou Paul de Tarse sont moins que probables et indémontrables ». Jean le Baptiste n'apparaît d'aucune façon dans les manuscrits de la mer Morte. Néanmoins, certains chercheurs ont émis l'hypothèse de son appartenance au courant essénien ou à un courant proche, dit Yahad, « pour le moins jusqu'à sa vocation (Lc 3,2), lui qui était de famille sacerdotale. Cet apparentement ne peut toutefois être ni récusé, ni confirmé. » Pour André Paul, spécialiste des fouilles et des manuscrits de Qumrân, « il n'est pas adéquat de présenter les groupes d'ascètes des environs occidentaux de la mer Morte comme réellement baptistes. Il y avait cependant de vrais groupes baptistes à l'époque. »

François Blanchetière note que « l'existence d'un essénisme chrétien a été postulé » par certains chercheurs et « relève de l'éventualité envisageable », même si elle demeure hypothétique. Selon lui, « d'abord parce qu'il existe une parenté indéniable entre les mouvements baptistes, dont celui de Jean le cousin de Jésus et le nazaréisme primitif. Ensuite parce qu'on retrouve tout un ensemble d'idées communes aux milieux esséniens ou péri-esséniens et à la "communauté johannique", enfin parce que l'on a identifié une parenté d'idées entre ces mêmes milieux des écrits de la mer Morte et l'Épître aux Hébreux. » De même, la Didachè et l'Épître de Barnabé, un temps incluses dans le canon du Nouveau Testament, « reprennent à leur manière la thématique des deux voies, celle du bien et celle du mal, qui figure déjà dans le Manuel de Discipline » retrouvé à Qumrân.

Se fondant sur les écrits de certains Pères de l'Église, sur l'« Écrit de Damas » du mouvement du Yahad et sur les découvertes archéologiques de Claudine Dauphin, François Blanchetière estime que « Kokaba, non loin de Damas a pu constituer l'un des points de contact entre les Esséniens et les proto-nazaréens ». « Reste qu'un essénisme proto-nazaréen demeure, faute de preuves suffisantes, une simple hypothèse » précise-t-il.

Depuis 2008, André Paul met en doute la présence même des esséniens sur le site de Qumrân et considère que les manuscrits révèlent les prémices d'une gnose pré-chrétienne que l'on retrouve dans les manuscrits de Nag Hammadi, voire les germes de la tradition rabbinique.

Certains chercheurs ont proposé d’identifier les fragments 7Q5 et 7Q4 comme étant des extraits de l'évangile selon Marc et de la première épître à Timothée. Toutefois, ceux-ci ne comportent que moins de cinq morceaux de mots non significatifs et non consécutifs. Cette thèse est donc largement rejetée. Il a été démontré que l'on pouvait retrouver cet agencement de mots dans de multiples écrits antiques, dont par exemple l'Iliade.

Un courant complexe

Selon Marcel Simon, le courant des esséniens, « sur lesquels les manuscrits de la mer Morte ont jeté une lumière toute nouvelle, apparaît comme le plus complexe et, à bien des égards, le plus intéressant. Communauté fermée, d’organisation monastique, retirée dans le désert, sur les rivages inhospitaliers de la mer Morte, les esséniens communiquent à leurs seuls initiés un enseignement ésotérique. Purs entre les purs, on les a parfois définis comme des Pharisiens au superlatif. Leur mouvement est né, sans doute, au lendemain de l’insurrection maccabéenne, d’une protestation contre l’attitude, jugée trop mondaine et laxiste, des souverains hasmonéens et contre un sacerdoce considéré par eux comme illégitime. En conséquence, ils se détournent des liturgies officielles du Temple et pratiquent dans leur solitude des rites qui leur sont propres. Ils englobent dans une même condamnation les païens, ceux des Juifs qui fréquentent les occupants idolâtres et la masse du peuple qui accepte l’autorité d’un clergé indigne. Ils vivent dans une atmosphère eschatologique et se considèrent comme le petit troupeau des élus qui constitueront le noyau du Royaume imminent. » (source)

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Message Sujet: Les origines du christianisme, l'hypothèse des esséniens   Jeu 7 Avr - 20:45


Les origines du christianisme

L'hypothèse des esséniens


Les esséniens étaient des juifs vivant en communauté installés dans le désert de Judée, à Qumran, et dont on a retrouvé les manuscrits (dits «de la mer Morte») en 1947. Ils avaient traversé deux mille ans dans des jarres, elles-mêmes dissimulées dans des grottes. Malgré le temps qui avait dévoré les contours des rouleaux, on a réussi à reconstituer des textes et des fragments de texte.

Qui étaient ces esséniens ? Beaucoup d'incertain demeure à ce propos. On sait qu'ils s'établirent pendant deux à trois siècles, arrivés aux alentours du troisième siècle avant Jésus-Christ et délogés par les Romains entre 66 et 70, lors de la révolte des juifs. La plus grande partie de la littérature que l'on peut lire à leur sujet est orientée. Certains veulent y voir les premiers chrétiens, et donc l'inexistence de Jésus, celui-ci étant le «Maître de Justice» de cette secte, légèrement différent de celui qui, selon eux, est imaginé dans les Évangiles. D'autres, au contraire, nient les ressemblances et les coïncidences et veulent y voir des juifs très orthodoxes qui n'ont aucun rapport avec les premiers chrétiens.

Jusqu'à présent, l'essénisme est la plus plausible origine du christianisme. Et grâce à elle, il y aurait un fort trait d'union entre le judaïsme et le christianisme. Les chrétiens ne seraient autres que des juifs libéraux et réformateurs, dans la prolongation d'Isaïe, de Jérémie, des Proverbes et de la Sagesse – et bien-sûr, de Jésus. D'ailleurs, certains aspects de l'essénisme frappent particulièrement par leur ressemblance avec le christianisme, et l'on ne peut décemment pas prétendre que cela soit dû au simple hasard.

De l'époque de Jésus-Christ, les esséniens nous ont laissé pratiquement les seuls textes qui constituent toutefois une grande bibliothèque. On a pu retrouver presque tous les livres de l'Ancien Testament avec cependant quelques nuances dans l'écriture, des commentaires, et des œuvres personnelles. Ces dernières sont de deux sortes en particulier : les unes véhiculent une pensée très orthodoxe, exigeant le respect des règles allant jusqu'aux moindres détails. Le rouleau du temple énonce les sacrifices (13.9), les exigences, et réclame de la part des moines un respect de la loi très rigoureux. Cette même règle entraîne en cas de non respect des punitions très strictes allant de la défense de parler pendant un laps de temps, jusqu'au bannissement pendant plusieurs années. D'autres manuscrits sont en revanche les support d'une pensée plus étonnante, voulant mettre l'accent sur les points essentiels de la religion. Ce sont des compositions originales. Les principales idées fondatrices du christianisme y sont récurrentes : la circoncision prônée est celle du cœur (Règle de la Communauté 5.5, Commentaire d'Habacuc 11.13) à défaut d'une circoncision charnelle, ce qui est prépondérant dans la pensée de Saint Paul. Ces manuscrits recèlent également d'autres sentences typiques du christianisme, et on peut croire que ces textes aient servi de brouillon aux Épîtres et aux Évangiles.

Les points communs ne s'arrêtent pas à de simples affinités philosophiques. Les esséniens avaient un mode de vie en communauté, ils observaient la chasteté : ils n'avaient aucune femme. Ils pratiquaient la bénédiction du pain et du vin (Règle de la communauté, 6.5) ; ils se baptisaient ; ils s'interdisaient toute nourriture animale sauf le poisson. Tout cela était identique aux pratiques chrétiennes de l'antiquité et, plus tard, aux cathares.

De plus, entre la fin de l'essénisme et le début du christianisme, il y a une cohésion évidente. Elle pousserait à prétendre que les esséniens, dès lors qu'ils cessèrent d'être «esséniens», furent «chrétiens». En effet, c'est seulement après 66-70 que le christianisme devint apostolique. Comme par hasard, il se développa immédiatement après, de la même façon que le bouddhisme s'étend aujourd'hui en Occident à cause de l'occupation du Tibet par les Chinois. À ceci s'ajoute l'incertitude quant à la datation exacte de Jésus-Christ, il ne serait pas impossible que celui-ci soit plus ancien qu'on ne le croit, raison pour laquelle le christianisme fut missionnaire bien après que le Christ fut mort.

Les esséniens considéraient leur «Maître de justice» comme leur élu, lequel doit annoncer la bonne parole, mais non pas le dernier élu, venu pour l'appliquer. Voilà peut-être pourquoi les chrétiens pensèrent que Jésus devait revenir lors de l'Apocalypse et que, dans l'Évangile selon St Jean, l'intervention du Christ est annoncée à nouveau : il sera le dernier pasteur de l'humanité. C'est ce personnage qui est mentionné par les esséniens dans le manuscrit 4Q534-536 et que Saint Malachie évoque comme le «Pastor Angelicus» 112e pape de sa liste, et 2e à venir après Jean Paul II. Les esséniens considéraient que leur culte serait rétabli à la renaissance d'Israël. Or, la découverte de leurs manuscrits coïncida avec sa formation. Certains prétendent que, dans un poème cathare de Persifal, probablement composé aux alentours du XIVe siècle, l'auteur chante : «Dans sept ans, le laurier reverdira» (en occitan : «Al cap de sept cens ans, verdégéo le Laurel»). D'autres prétendent que cette prophétie serait due à Bélibaste, lorsqu'il mourut, en 1321.

La doctrine des esséniens présente les aspects d'un dualisme mitigé, que l'on respire dans les Évangiles et les Épîtres de Jacques et Jean. A posteriori, cette doctrine a dévié dans deux directions opposées : le dualisme absolu du manichéisme, et l'abandon du dualisme d'un autre côté, chez les catholiques en particulier. Il faudrait peut-être se référer à l'essénisme pour retrouver l'essence du message chrétien d'origine.

Les esséniens se représentent Dieu comme un principe de totalité. L'homme, en tant que chair, est le néant. Ils attachent à Dieu le caractère d'unité, avec les mêmes caractéristiques que le Verbe dans l'Évangile de Saint Jean. Le Verbe – si on ne précise pas quelle personne, quel temps, quel verbe – serait l'essence de l'action, le «chaos», le «tout», le «tohu-bohu» que les cathares considéraient comme le principe du monde. Les hommes sont entre l'esprit mauvais et l'esprit bon, ils peuvent s'identifier à l'un ou à l'autre. Dans l'essénisme comme dans le zoroastrisme, c'est Dieu qui a créé ces deux esprits. Le Bien : c'est la totalité, l'infinité, l'autorité. Il inclut donc le mal ; or ce dernier est néant car il n'est que lui seul. Les esséniens, comme les cathares, rejetaient le monde. Ils lui associaient le mal, la corruption, la luxure, le péché.

Après le Christ, il y eut la naissance de beaucoup de sectes, chacune revendiquant la véritable filiation avec le Christ. Le catholicisme, tout comme le manichéisme puis le catharisme, n'était que l'une d'elles. Si le catholicisme seul a survécu, c'est peut-être qu'il était béni de Dieu, mais peut-être également qu'il savait montrer plus d'intelligence dans sa façon de perdurer et notamment, puisque l'injustice est un avantage en la matière, en étant plus injuste.

Les manichéens distinguaient le corps de l'esprit. Ils pensaient que le monde avait été donné à Satan, expulsé du Paradis pour avoir voulu se faire l'égal de Dieu (être individuel), et il emporta dans sa chute un tiers des anges – que nous serions. On retrouve cette vision chez les cathares, dans le traité De Interrogation Iohannis, ainsi que dans le Coran (15.26). À l'origine de cette interprétation est la parabole du mauvais gérant, corrompant les ouvriers (Luc 15.16). Les manichéens expliquaient que le bon Dieu ne pouvait pas avoir créé le mal. Les douleurs, les souffrances et les péchés n'étaient pas sa création. Un tel point de vue avait le mérite d'être en apparence plus logique. Quel était leur constat ? Le monde n'est que souffrance et ignorance : rien que Dieu ait voulu. Comment pourrions-nous les lui attribuer ? L'Église romaine, dans son ensemble, semblait ignorer ce point ; et quelle que fut l'explication des manichéens, elle avait le mérite d'exister.

Les manichéens voyaient le monde différemment et avec l'avantage de ne pas mettre les douleurs en apparen-ce injustes sur le compte de Dieu, ainsi que font les chrétiens à l'heure actuelle. Car, allez dire à la mère qui a perdu son enfant : «C'est Dieu qui l'a voulu», ce qui est pourtant la conséquence logique du raisonnement selon lequel Dieu a ordonné l'univers et le temps. En fait, l'erreur de chacun était de considérer la perte d'un enfant comme une douleur. Car qui croit en Dieu sait aussi que la mort et la souffrance ne sont rien que des illusions, supports d'une prise de conscience pour se dégager de la matière, et non des choses qui sont réellement mau-vaises. Quand nous réveillerons nous enfin de ce rêve, où nous avons plongé par attirance ? (source)

E.B.

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Message Sujet: Re: Les Esséniens (religion)   Mer 20 Juil - 13:55


À propos des Esséniens


Tous ceux qui s’intéressent au mysticisme ont entendu parler des Esséniens, et même ont lu des livres les concernant. Certains sont très bien documentés et donnent des informations intéressantes à leur sujet, notamment sur le plan historique ; d’autres sont fantaisistes et s’inscrivent le plus souvent dans la mouvance “new age”. La littérature rosicrucienne a toujours accordé une place importante aux Mystères esséniens, et ce, bien avant que nombre d’auteurs s’en emparent. À titre d’exemple, dans un livre intitulé «La vie mystique de Jésus», publié en 1926 (soit plusieurs années avant la découverte des Manuscrits de Qumrân), Harvey Spencer Lewis, fondateur de l’A.M.O.R.C., livre de nombreuses explications sur la Fraternité essénienne, ses origines, son enseignement, son idéal, etc.

Pourquoi l’étude des Mystères esséniens (incluse dans l’un des degrés de l’A.M.O.R.C.) présente-t-elle autant d’intérêt pour les mystiques comme pour les historiens ? Parce qu’elle met en évidence un fait très important : Jésus fut membre de la Fraternité essénienne, comme le fut Jean-le-Baptiste et d’autres personnages clés du Christianisme naissant. Cela veut dire que cette religion dite «révélée» a émergé en fait d’un courant de pensée qui existait depuis déjà longtemps. J’ajouterai que la première communauté essénienne venue à l’existence est apparue, non pas en Israël, mais en Égypte, sur les bords du lac Moeris, vers 1300 avant l’ère chrétienne. C’est depuis ce pays qu’elle a essaimé vers Israël à partir du IXe siècle avant la naissance de Jésus.

Rappelons que c’est en 1947 que furent découverts “par hasard” les Manuscrits de Qumrân, nom de cette localité en Israël, située dans le désert, à proximité de la Mer morte. On sait qu’une communauté essénienne vivait non loin du site de la découverte, mais contrairement à ce que l’on pourrait penser a priori, celle-ci ne suivait pas strictement les règles de vie communautaire auxquelles ces Manuscrits se réfèrent. Pour prendre une analogie, un livre de bibliothèque rapportant la manière dont les gens vivaient en Normandie au début du XXe siècle ne veut pas dire que ceux qui l’habitent de nos jours vivent toujours de cette manière. Par ailleurs, certains historiens ont confondu les Esséniens de Qumrân avec les Zélotes qui vivaient à Massada, et dont le mode de vie était quelque peu extrémiste.

D’après les textes dont nous disposons à la Grande Loge de l’A.M.O.R.C., la communauté de Qumrân était en charge des archives accumulées au cours des siècles par les Esséniens, depuis leur apparition en Égypte. À un moment donné, elle crut bon devoir les mettre en sécurité dans un endroit extérieur au monastère qu’elle occupait. Naturellement, ses membres les plus érudits connaissaient le contenu de ces archives mais, répétons-le, cela ne veut pas dire pour autant que les Esséniens de Qumrân suivaient à la lettre les préceptes indiqués dans les fameux Manuscrits. En fait, elle s’en démarquait sur de nombreux points et avait ses propres règles de vie, et même sa propre doctrine.

L’une des pratiques les plus marquantes des Esséniens était le baptême. Cette pratique, qui fut rendue populaire par Jean le Baptiste et à laquelle Jésus lui-même souhaita se soumettre, fut reprise par l’Église chrétienne. Nous savons également que les Esséniens croyaient en la réincarnation. Malheureusement, cette doctrine, qui faisait partie à l’origine de l’enseignement chrétien, fut remplacée au VIe siècle de notre ère, lors du Concile de Constantinople, par le dogme de la «Résurrection de la chair». Personnellement, je le regrette, car ce dogme n’a aucun fondement ontologique et donne plus d’importance au corps physique qu’à l’âme qui l’anime et évolue à travers lui. La communauté essénienne était connue aussi pour l’intérêt qu’elle accordait à la guérison, intérêt que l’on retrouve chez les Rosicruciens. Mais c’est là un autre sujet… (source)

Serge Toussaint

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